GIRAFE N°52 Novembre 2019


A la une... Retour sur le 9 septembre 2019

Comme chaque année, à l'occasion de la journée internationale de prévention de l'alcoolisation foetale, de nombreuses équipes de l'addictologie et de la périnatalité de notre région s'investissent auprès des populations. Stands, portes ouvertes, conférences et ciné-débats ont été mis en place dans de nombreux établissements de santé, notamment sur Compiègne, Denain, Douai, Lallaing, Le Cateau-Cambrésis, Lens, Lille, Roubaix, Saint-Quentin, Valenciennes et Villeneuve d'Ascq. Les chargés de prévention de l'ANPAA Hauts de France ont apporté leur soutien en termes de co-animation, de méthodologie et de logistique auprès des professionnels et bénévoles rassemblés autour de cet événement dans le cadre du programme « Addictions, périnatalité et petite enfance ».

Zoom sur deux actions en Picardie...

A la Maternité du Centre Hospitalier de Compiègne-Noyon

Afin de prévenir les risques et les dommages de l’alcoolisation fœtale sur le développement du fœtus et de la grossesse, la Maternité, accompagnée du Service prévention de l’ANPAA en Hauts de France et en lien avec le Réseau de Périntatalité de Picardie, a animé un stand alliant informations, discussions et petites douceurs (mignardises, brochettes de fruits et cocktails sans alcool).

Une animation qui a ciblé les femmes enceintes prioritairement et l’ensemble de la population fréquentant l'hôpital. L’objectif était d’amener les femmes enceintes à ne pas consommer d’alcool et d’inviter l’entourage, futurs pères, amis, etc. à soutenir cet engagement alors que l’alcool est très présent dans notre société. Une cinquantaine de personnes accueillies, vingt-cinq entretiens réalisés dans un cadre plus confidentiel par une sage-femme et une chargée de prévention de l’ANPAA. Un médecin et un infirmier du Service d’Addictologie se sont également relayés pour assurer une permanence.

Cette mobilisation a été soutenue par le Service communication du Centre hospitalier qui pour l’occasion a édité une affiche, diffusée en amont de la manifestation, portant le message de prévention « Zéro alcool pendant la grossesse ». Les recettes des cocktails sans alcool proposés sur le stand et les dépliants de la campagne régionale « 9 mois de bons moments » ont été distribués aux participants ce qui permettait d’illustrer les propos tenus par les professionnels.

Au Centre Hospitalier de Saint-Quentin

Le Centre Hospitalier de Saint-Quentin, l’association Alcool Assistance et la Ville de Saint-Quentin se sont tout autant mobilisés en organisant un colloque sur la problématique du syndrome d’alcoolisation fœtale. Une vingtaine de participants (étudiants du domaine sanitaire, bénévoles de l’association et professionnels) a pu apprécier les interventions de Dominique BOUVIER, bénévole Alcool Assistance, du Docteur Jean-Jacques PERRIN, médecin généraliste, Centre de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) et médecin coordonnateur d’une Equipe Mobile d’Addictologie (EMA), de Nadège LEQUEUX, chargée de prévention Service Prévention Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA) en Hauts de France et de Séverine LEROUX, puéricultrice, référente périnatalité addiction à la Maternité de l’Hopital de Saint-Quentin.

L’intégralité de la conférence est accessible en ligne :

En Hauts de France, l’Agence Régionale de Santé soutient le Service prévention de l’ANPAA pour le développement d’actions de prévention et d’information dans le cadre du programme « Addictions, périnatalité et petite-enfance ». Pour tout accompagnement sur les Hauts de France, contactez les chargées de prévention : Delphine GUIKOUNE pour le Nord et le Pas-de-Calais, Nadège LEQUEUX pour l'Aisne et l'Oise et Sylvie GADEYNE pour la Somme.

Femmes & Vulnérabilités

« En 40 ans, la mobilité sociale des femmes progresse »…

L’article présente une analyse des résultats de l’enquête Formation et Qualification Professionnelle réalisée régulièrement depuis 30 ans en métropole, auprès de femmes et d’hommes actifs occupés ou anciens actifs occupés et âgés de 35 à 59 ans. Il en ressort qu’en 2015 les trajectoires des femmes sont globalement plus favorables que celle de leur mère, contrairement aux trajectoires des hommes comparées à leur père. En effet, 71% des femmes relèvent d’une catégorie socioprofessionnelle différente de celle de leur mère, 40 % des femmes occupent une position sociale plus élevée et 12% une position plus basse que celle de leur mère. La mobilité sociale* des femmes par rapport à leur mère est fortement liée à l’évolution intergénérationnelle de leurs professions et à la modification de la structure des emplois féminins. Les auteurs s’attachent également à comparer mobilité sociale descendante et ascendante entre les hommes et les femmes et à décrire les trajectoires des femmes par rapport à celle de leur père. Insee Première, n°1739, février 2019

* « Le concept de mobilité sociale désigne habituellement la mesure de l’évolution dans le temps de la situation socioprofessionnelle entre parents et enfants. La mobilité peut être ascendante (promotion sociale) ou descendante (déclassement). Pour la mesurer, l’INSEE s’appuie sur les catégories socioprofessionnelles. » Source : Centre d’Observation de la Société

« L’anxiété de performance, un fléau chez les filles »…

Cet article paru dans la Gazette des femmes met en exergue la relation entre l’apparition de troubles anxieux chez les jeunes filles et un environnement hautement compétitif. « Prendre les bonnes décisions, ne pas connaître d’échec, affronter le marché de l’emploi très genré, fournir une charge de travail supérieure à celle des hommes, etc. » sont autant de déterminants à prendre en compte dans nos projets auprès des publics féminins. La Gazette des femmes, 7 février 2019

« Prévention des violences sexuelles : comment agir ? »...

« Les violences constituent un déterminant majeur de santé d’autant plus important qu’il en détermine d’autres », notamment les conduites addictives*. Dans le cadre de l’édition 2019 de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, nous vous invitons à lire ou relire le dossier publié cet été par Santé Publique France. Des ressources pour la prise la prise en charge des violences sexuelles, des recommandations en termes d’accompagnement et de prévention, la présentation d’interventions probantes, des références bibliographiques vous sont proposés, mobilisons-nous ! La santé en action, n°448, juin 2019. pp.3-48

* « La consommation d'alcool et les violences : Il y a clairement une association entre violence subie et consommation d'alcool sans qu'on puisse préciser le sens de ce lien statistique. Les femmes victimes de violences nous ont déclaré par ailleurs avoir une consommation d'alcool plus élevée. Contrairement aux indicateurs directs de santé, les femmes qui sont victimes de violences conjugales se distinguent des autres victimes de violence car elles ont plus souvent rapporté boire beaucoup à l'occasion de moments difficiles ou avoir plus souvent ressenti le besoin de diminuer leur consommation d'alcool. » Dr M-J. SAUREL-CUBIZOLLES (épdimiologiste, INSERM-U.149, Villejuif) au sujet des résultats de l'enquête ENVEFF in « Alcool, grossesse et santé des femmes », Ed. ANPAA 59, 2005

Qui fait quoi sur la Métropole lilloise…

Ce guide, édité par la Métropole Européenne de Lille, à destination de tous, victimes, entourages et professionnels apportent de nombreux éléments pour savoir identifier les violences intrafamiliales, orienter, accompagner et protéger les victimes.

Périnatalité & Conduites addictives

« Comment parler alcool avec les femmes ? »...

Cette « fiche mémo » réalisée par SAF France apporte aux professionnels en relation avec des femmes enceintes des repères permettant d’aborder leurs usages d’alcool. Elle a été réalisée à partir du guide « Alcool et grossesse, parlons-en » édité en 2011 par le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé en partenariat avec de nombreux experts, notamment ceux de SAF France. Un contenu synthétique qui apporte des indications en termes de posture professionnelle pour aborder le sujet auprès de femmes en âge de procréer ou auprès de femmes enceintes et en termes de facteurs de vulnérabilité chez la femme, chez la femme enceinte et dans la fratrie.

#MoisSansTabac…

Orchestré en région par Hauts de France Addiction, ce défi collectif qui vise à inciter et accompagner tous les fumeurs volontaires dans leur démarche d'arrêt du tabac, via des actions de communication et de prévention de proximité, est une démarche menée par beaucoup de professionnels en ce mois de novembre et tout au long de l’année. C’est aussi pour nous l’opportunité de mettre en valeur deux documents, l’un à destination des professionnels de la santé, l’autre à destination de nos publics.

« Premiers gestes en tabacologie »…

Conçu par Lieu de Santé Sans Tabac, le Réseau de Prévention des Addictions (RESPADD) et par l’Association Francophone des Infirmières en Tabacologie et Addictologie (AFIT&A), ce livret d’aide à la pratique est mis à la disposition de tous les soignants prescripteurs qui y trouveront des outils pour informer et aider rapidement les patients fumeurs et des moyens d’agir en première intention tant en termes de repérage et de prise en charge systématique que sur les traitements nicotiniques de substitution et le vaporisateur personnel. La présentation de cas cliniques illustre les propos.

« Le tabac »…

Deux dépliants proposés par l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie, l’un intitulé « Tabac actif » à destination de tous les publics, l’autre intitulé « Tabac jeune » à destination d’un public jeune. Des informations sur « Le tabac », « La vape » et « La chicha ». Un encart spécifique « Tabac et grossesse » sur la version grand public.

Echange de pratiques

Une journée riche d'échanges à Calais...

Cette journée d’échanges autour des pratiques professionnelles, organisée par le Service Prévention de l’ANPAA en Hauts de France et le Réseau Périnatalité PAULINE, ce 10 octobre dernier au Centre Hospitalier de Calais, fait suite à la mise en place de sessions  de formation « Périnatalité et addictions : prévenir, repérer, accompagner et orienter » à destination des acteurs du Calaisis de 2015 à 2018 dans le cadre du programme « Addictions, périnatalité et petite enfance ». Vingt et un professionnels médicaux, paramédicaux, sociaux, éducatifs issus de maternités, services de pédiatrie et de néonatologie, de services de Protection Maternelle et Infantiles, des services d’aide sociale à l’enfance et de services d’addictologie ont exprimé le besoin et ainsi ont souhaité affirmer, réajuster et/ou conforter des compétences acquises lors des formations suivies.

En matinée, les participants ont assisté à une représentation théâtrale par la Compagnie La Belle Histoire. Le théâtre d’intervention est un outil qui permet de transférer des situations pratiques tout en les décalant, de prendre du recul, de mettre en commun et de déconstruire des situations perçues comme complexes. Durant la représentation, l'émotion était palpable. Le débat qui a suivi fut abondant et productif en termes de posture professionnelle. Adapter son discours selon les usagers, créer une alliance avec les femmes enceintes, favoriser le partenariat externe autour de ces situations et développer une culture commune interne aux différents services dans les prises en soins sont les recommandations sur lesquelles les participants se sont rapprochés.

L’après-midi, les échanges se sont poursuivis autour de la posture et des représentations ainsi que sur la connaissance du maillage partenarial entre les acteurs de l'addictologie et ceux de la périnatalité. Un apport théorique sur la mémoire traumatique et le psycho-trauma a également été abordé par l’intervention d’une psychothérapeute riche d’une expérience de plus de vingt ans en addictologie et auprès de femmes.

L’évaluation a mis en valeur que les professionnels ont notamment apprécié les échanges sur la posture et que ceux-ci avaient désormais une meilleure visibilité du réseau partenarial de Calais.

Les professionnels ont exprimé le souhait de poursuivre ce travail de partenariat en créant un guide repère afin de faciliter les relais entre les différents acteurs de l’addictologie, de la périnatalité, de l’aide sociale à l’enfance, etc. et en partageant celui-ci auprès du plus grand nombre. Ce guide pourrait recenser les structures et professionnels locaux et apporter des informations et des conseils pratiques en termes de prévention et d’accompagnement des femmes enceintes en usage de produits psychoactifs.

Agenda

« Le congrès du sommeil », 21, 22 et 23 novembre 2019, Lille

Organisé par la Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil et la Société de Pneumologie de Langue Française, à Lille Grand Palais, le sommeil au féminin sera abordé en conférence : Le sommeil chez l'enfant : fille versus garçon, Le sommeil et la grossesse et Le sommeil et la ménopause. Découvrir le programme

« Une histoire banale », jeudi 22 novembre 2019, 14h, Villeneuve d'Ascq

Ciné-débat organisé au Méliès par l'asociation Louise Michel, en partenariat avec la Ville de Villeneuve d'Ascq et les Associations Mères pour la Paix, Rifen et Amnesty International dans le cadre de la 8ème campagne du « Ruban blanc » symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes. Entrée gratuite sur réservation

« Vies de femmes, manières de boire », vendredi 6 décembre 2019, 9h-16h, Jeumont

Journée de réflexion et d'études autour de l'étude réalisée par Catherine Le Grand-Sébille, socio-anthropologue, suite à sa rencontre avec des professionnels de l'addictologie, des femmes dont une proche était décédée d'une consommation problématique d'alcool et de femmes de mouvements d'anciens buveurs. Organisée par l'ANPAA en Hauts de France. Découvrir le programme

Revue de littérature

Données épidémiologiques

224 300 interruptions volontaires de grossesse en 2018 Etudes & Résultats, n°1125, septembre 2019, 7p.

Prévention du cancer du col de l'utérus, Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, n°22-23, 17 septembre 2019

759 000 nouveaux-nés en France en 2018 : seulement 12 000 ont une mère de moins de 20 ans Insee Premières, n°1773, septembre 2019