GIRAFE N°55 Juin 2020


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A la une...

La France vient de connaître une crise sanitaire ayant entrainé des mesures de prévention sans précédent.

Chacun d’entre nous avons vécu cette période de manière très différente : les un·es,  se sont recentré·es sur leurs priorités, se sont remis·es à la lecture,  à la cuisine, au sport en intérieur… alors que pour d’autres, cette période a été synonyme d’anxiété, de désœuvrement, de raréfaction des liens sociaux, ou même de renforcement  des violences intrafamiliales… Face à la gestion de cette situation, nous n’avons pas été égaux.

De fait, comment les futurs parents, et notamment les femmes enceintes ont pu vivre leur grossesse durant ces deux mois ? Ont-elles réussi à gérer le stress lié à cette situation exceptionnelle ?  Quelle prise en charge médicale ? Et  l’accouchement avec ou sans le papa… ? L’appel des apéro-skype pour maintenir un lien social a-t-il généré des prises de risque face à la consommation d’alcool ? L’arrêt du tabac durant la grossesse a-t-il était plus difficile durant ce moment ?

Tant de questions qui ont pu mettre à mal la santé physique mais aussi mentale des femmes enceintes et rendre cette période particulière encore plus difficile à vivre.

 

FLASH INFO PARTENAIRE

En lien avec la crise sanitaire liée au Covid 19, la Société Francophone de Tabacologie a été interrogée concernant l’utilisation de CO-testeur. Le 30 avril dernier, elle précise que « le risque de l’utilisation de CO-testeur durant l’épidémie de COVID-19 l’emporte sur le bénéfice de la mesure ». De plus, ces appareils ne peuvent  être ni stérilisés, ni désinfectés, même en utilisant des embouts et pipettes à usage unique».

L’association HAUTS-DE-FRANCE Addictions suit cette position indiquée par la SFT et préconise de ne pas utiliser durant la crise du covid-19 votre lecteur de mesure de monoxyde de carbone dans l’air expiré sans s’assurer de sa parfaite désinfection durant les campagnes de prévention ou le suivi en tabacologie. Il vous est conseillé de joindre votre correspondant de l'entreprise concernée pour l’appareil Co-testeur. 

Femmes & Vulnérabilités...

La santé mentale des français face à la Covid 19…

Cet article du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire reprend les résultats de l’enquête COVIPREV mise en place par Santé Publique France au début de la crise épidémique marquée par un nombre grandissant de décès et par des conditions de vie susceptibles d’avoir un impact sur la santé mentale comme le confinement. Débutée le 17 mars 2020, cette surveillance comportementale et psychologique de la population française a eu pour objectifs d’en évaluer l’état de santé mentale, d’en identifier les déterminants et d’en suivre les évolutions. Deux mille personnes, âgées de 18 ans et plus, ont été interrogées par Internet. " Lors de la première vague du 23 au 25 mars, la prévalence de l’anxiété était de 26,7%, soit un taux deux fois supérieur à celui observé dans une enquête précédente (13,5% en 2017). En vague 2, du 30 mars au 1er avril 2020, la prévalence de l'anxiété avait significativement diminué à 21,5% ".

Les caractéristiques sociodémographiques comme être une femme, parent·s d'enfant·s de 16 ans ou moins, en situation de précarité financière, en télétravail, avoir un proche malade, percevoir la Covid-19 comme une maladie grave ou se sentir vulnérable sont des facteurs augmentant le risque d’anxiété. Connaître les modes de transmission de la maladie, respecter les mesures de confinement, avoir confiance dans l’action des pouvoirs publics sont des facteurs diminuant le risque d’anxiété. « Par ailleurs, la diminution de la prévalence de l’anxiété n’a pas été observée chez des personnes déclarant une situation financière difficile, celles des catégories socioprofessionnelles les moins favorisées ou encore celles vivant en promiscuité, traduisant ainsi un creusement des inégalités de santé en situation de confinement ».

Pour conclure, « il semble en effet que le confinement, envisagé comme un facteur de risque pour la santé mentale aurait plutôt agi pour une majorité de la population comme un facteur de protection contre l’anxiété. En réduisant efficacement le risque d’exposition au virus, le confinement a sans doute contribué à la baisse du niveau d’anxiété générale ». In Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, n°13, 7 mai 2020

Quelques chiffres…

  • La prévalence de l’anxiété chez les femmes lors de la première vague est de 31,6% contre 21,3% chez les hommes et lors de la seconde vague de 26,0% chez les femmes contre 16,6% chez les hommes ;
  • Pour les personnes en situation financière difficile, la prévalence lors de la première vague est de 32,8% et de 34,2% lors de la seconde vague, ce qui est supérieur à la moyenne (26,7% puis 21,5%) ;
  • Chez les parents d’enfant·s de 16 ans ou moins, la prévalence est de 37,4% lors de la première vague et de 26,5% lors de la seconde vague ;
  • Pour les personnes n’ayant pas de soutien affectif ou moral, la prévalence de l’anxiété est 27,9% (soit supérieure à la moyenne : 26,7%) puis de 19,9% (soit inférieure à la moyenne : 21,5%)

Le 0800 130 000, un numéro vert national…

La mise à disposition pour le grand public du numéro vert national accessible 24h/24 et 7j/7 par le Ministère de la Santé pour obtenir gratuitement des conseils et des informations sur la Covid-19 et les ressources mises à disposition par Santé Publique France en termes de promotion de la santé mentale ont permis sans nul doute de répondre aux besoins de la population lui permettant ainsi d’exprimer une souffrance psychologique importante et de diminuer la prévalence de l’anxiété entre la première et la seconde vague de l’enquête.

Nous rappelons que les services d'aide à distance en matière d'alcool et de dépendance Alcool Info Service (0 980 980 930) et Drogues Info Service (0 800 23 13 13) répondent à vos appels 7 jours sur 7 de 8h à 2h et que le site Internet Info-dépression de Santé Publique France propose de multiples ressources en termes d'accompagnement et d'orientation pour les personnes en souffrance mentale.

Femmes & Conduites addictives...

Confinement, émotions et conduites addictives, un entretien avec Catherine SIMON, vice-présidente de l’ANPAA…

"Le confinement, bien qu’imposé à l’ensemble de la population, n’a pas eu les mêmes conséquences pour tous, conséquences multiples et qui varient selon notre situation émotionnelle, familiale, sanitaire et sociale. Le confinement nous a confronté individuellement à des émotions qui ont fait surface brutalement, une adaptation a donc été nécessaire qui, chez certains, ont provoqué anxiété, ennui voire paralysie. D’autres pour répondre au besoin de sociabilité ont eu recours aux nouvelles technologies et ont organisé des moments virtuels conviviaux avec ou sans produit psychoactif, sous couvert de sociabilité, la consommation de produit a pu avoir alors une fonction moins sociale que déstressante et pour les personnes présentant des conduites addictives, le confinement a pu alors être la cause d’une consommation aiguë." Entretien avec Catherine SIMON, psychiatre, le 28 avril 2020.

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Périnatalité & Conduites addictives...

 

Les étiquettes d'information sur les boissons alcoolisées : réelles influenceuses de comportement ? 

Les organisations de santé nationales et internationales recommandent que les emballages de boissons alcoolisées disposent d'étiquettes informatives de prévention. A destination des femmes enceintes ou de tou·tes, leur but est d'influencer le comportement des consommateurs. Mais est-ce bien le cas ? L'étude canadienne présentée dans la 31ème édition de la newsletter d’Addict’aide nous permet de mieux comprendre l’impact de ce type de communication sur les consommateur·ices d’alcool, dont les intérêts principaux sont qu’il présente un moindre coût pour les autorités de réglementation et permet de toucher un grand public.

Nous apprenons que des études en laboratoire et en ligne suggèrent que les bouteilles qui disposent d'un avertissement sanitaire d'information sur la boisson ainsi que les recommandations nationales de consommation pourraient permettre au consommateur.ice de surveiller sa pratique et comprendre l'éventuel décalage avec les directives nationales.

D'après l'Organisation Mondiale de la Santé (2018), 48 pays ont mis en place une telle démarche, avec notamment des avertissements sur les risques et les dommages de l’alcoolisation fœtale et sur les risques accidentogènes de conduite d’un véhicule sous l’emprise d’un état alcoolique. Toutefois, une étude réalisée au Royaume-Uni a permis de mettre en valeur les biais de cette communication « préventive » sur les contenants d’alcool. En effet, les informations présentent n’étaient pas suffisantes et voire anciennes, notamment n’informant pas les consommateur·ices des nouveaux repères de consommation.

L’efficacité de ces étiquettes a également été évaluée par des chercheur·ses canadien·es sur deux juridictions du Nord du Canada. En observant le site d’intervention et le site de comparaison, les chercheur·ses ont examiné l’impact de ces messages sanitaires à partir des souvenirs spontanés des 2 049 interviewé·es sur deux points : l’alcool et le contenu du message et leurs connaissances des doses quotidiennes et hebdomadaires de consommations recommandées. Les participant·es ont répondu à trois questionnaires dont l’un avant l’expérimentation. Les résultats indiquent que l'utilisation de telles étiquettes peut-être un outil efficace afin de sensibiliser et accroître les connaissances des recommandations de consommations. En effet, avant l'utilisation des étiquettes, un consommateur·ice sur trois connaissait les recommandations nationales canadiennes. Après l'expérimentation, ce taux a plus que doublé chez les personnes exposées aux étiquettes par rapport aux autres.

Cette augmentation de la sensibilisation durant la période de l'étude indique bien l'utilité des étiquettes informatives sur les boissons alcoolisées et nous encourage à rester vigilant quant à l’actualisation des repères de consommation d’alcool auprès de l’ensemble de la population et des populations à risques commes les enfants, adolescent·es, femmes enceintes et les travailleur·ses par Santé Publique France et relayée par l'ANPAA.

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Agenda...

Formation

Suite à la crise sanitaire, le calendrier de formation de l'ANPAA a été suspendu. 
Les formations reprendront en septembre, dans le respect des règles sanitaires en vigueurs. Vous pouvez prendre connaissance du dernier calendirer de formation en vous rendant sur notre site internet : https://www.anpaa-hdf.fr

En outre, nous vous informons également que notre partenaire Hauts de France Addictions propose 2 sessions de formation "Femmes et tabac" :
- Péronne : 26 et 27 novembre 2020
- Roubaix : 10 et 11 décembre 2020
Vous retrouverez toutes les informations sur leur site internet : https://hautsdefrance-addictions.org/

 

« Périnatalité et addictions », Amiens Report en fin d'année

Initialement prévue en mars 2020, cette journée régionale d'échanges de pratiques organisée par l’ANPAA Hauts-de-France et Hauts-de-France Addictions, sera à nouveau programmée en fin d'année. Nous vous communiquerons, nous l'espérons, très prochainement les informations concernant les modalités d'organisation.... Redécouvrir le programme

Revue de littérature...

Etre parent : des cadres aux ouvrières, plus de conséquences sur l'emploi des femmes Insee première, n°1795, mars 2020

Indicateurs régionaux sur les inégalités entre les femmes et les hommes La lettre d'information de l'lnsse, n0417, 17 mars 2020

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