GIRAFE N°57 Décembre 2020


A LA UNE… RETOURS SUR LE 9 SEPTEMBRE

2020 est une année bien particulière. La crise sanitaire qui nous touche depuis plusieurs mois maintenant nous oblige tous et toutes à revoir nos pratiques et nos modes de fonctionnement professionnels.
A l’ANPAA aussi nous nous adaptons, notamment dans la façon d’accompagner les professionnel·le·s de la périnatalité autour de la journée du 9 septembre, journée mondiale de prévention du syndrome d’alcoolisation fœtale. A cet effet, nous avons organisé des groupes d’échanges de pratiques dont les objectifs étaient que chacun·e puisse s’exprimer sur sa représentation de cette journée et réfléchir à comment adapter au contexte actuel nos moyens d’action concernant la prévention des troubles liés à l’alcoolisation fœtale.
Ainsi, deux groupes territoriaux ont eu lieu, à distance. Le constat est identique quelque que soit le secteur géographique : comment poursuivre la prévention « alcool et grossesse » ? Habituellement, des actions en présentiel (stand d’information, table ronde, …) sont organisées, mais aujourd’hui, comment faire pour que le message de prévention ne soit pas occulté par le contexte de crise sanitaire. Ces groupes ont notamment mis en lumière l’intérêt d’adapter nos outils de communication à la situation sanitaire actuelle mais aussi à l’évolution de l’utilisation du numérique dans la diffusion de campagnes de prévention.  Il s’agirait alors de s’appuyer sur les sites internet des acteurs de la périnatalité et de l’addictologie mais aussi sur le développement d’une communication sur les réseaux sociaux très utilisés par le grand public. La création d’un groupe de travail permettra en 2021, nous l’espérons, de concrétiser ces pistes de travail avec la création d’un outil multimédia et/ou d’un support numérique à destination du grand public.

Malgré les difficultés liées au contexte sanitaire actuel, quelques équipes ont relayé la campagne de prévention sur l’alcoolisation fœtale en organisant des stands d’information et d’échanges  (dans le respect des règles sanitaires en vigueur). C’est le cas du CHAM de Rang du Fliers et du centre hospitalier de Compiègne.

ZOOM SUR…

Le Centre hospitalier de l'arrondissement de Montreuil sur Mer (CHAM) Rang-du-Fliers
Le 9 septembre dernier, des membres de l’équipe de liaison et de soins en addictologie du CHAM ainsi que des CSAPA de Berk sur Mer et Etaples ont organisé une journée de prévention autour des troubles liés à l’alcoolisation fœtale. Cette dernière a pris la forme d’un stand (dans le respect des gestes barrières) où documentation, quizz sur les idées reçues et cocktails sans alcool étaient proposés.

Cette manifestation s’est organisée en 2 temps :

  • Un le matin, où le stand se situait à côté du secrétariat de la maternité où ont lieu les consultations gynécologiques
  • Un l’après-midi dans le hall de l’hôpital

Une quarantaine de personnes (professionnels et grand public) a pu être touchée par cette action. De nombreux échanges ont pu avoir lieu. L’utilisation des quizz afin d’ouvrir le dialogue est un vrai plus lors de ce type de manifestation : en effet, il s’agit encore d’un sujet tabou et le grand public ne se sent pas concerné par cette problématique ou n’ose pas poser de questions.
A l’issue de cette journée, les affiches qui ont permis d’interpeller sur la journée sont restées en place dans la salle d’attente de la maternité.

 

Maternité du centre hospitalier de Compiègne
Cette année, la maternité, en partenariat avec le service de liaison et de soins en addictologie ont assuré l’organisation et la logistique de la journée de prévention. L’ANPAA s’est associée à la démarche en proposant de la documentation et en participant à l’animation des stands.

Pour la maternité, cette journée est le reflet d’une véritable évolution dans la prise en compte de la prévention des conduites addictives et également celle de la mise en place d’un partenariat avec le service d’addictologie qui s’est construit depuis un an.
 

MaterCHCompiègne
FEMMES, FAMILLES & VULNERABILITES…

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Violences intrafamiliales et confinement
Le président de la Fédération Addiction a été associé à un communiqué de presse avec d’autres associations de professionnel·les de santé (ANPAA, Maison des Sciences de l’Homme Alpes, Fédération Addiction, Fédération Française d’Addictologie, Fonds Actions Addictions, France Assos Santé, Société Française d’Addictologie) et des associations de patient·es (CAMERUP, CoPMA, Fédération Alcool Assistance, Fédération Nationale des Amis de la Santé, France Patients Experts Addictions). Publié le 15 avril 2020 lors du premier confinement obligatoire, il prend de nouveau tout son sens au cours de ce second confinement. Celui-ci reprend les principales mesures gouvernementales mises en place afin de mieux protéger les victimes, les femmes et les enfants eux-mêmes, témoins ou victimes de ces violences et aussi les modalités d’actions nécessaires concernant l’alcool et les psychotropes. A titre d’exemple, il est souligné qu’agir sur les consommations problématiques participe à la protection des victimes. Aussi, dans les recommandations, on notera que malgré les difficultés liées à la période, la question des conduites addictives doit être abordée systématiquement en cas de violences familiales et conjugales et, des accompagnements en addictologie doivent être proposés sans délai aux victimes. Le lien entre les professionnels de l’addictologie, ceux de la protection de l’enfance et des familles ainsi que ceux du milieu policier et juridique doit être maintenu, sinon renforcé. Dans ce communiqué de presse, vous y trouverez également les principaux numéros d’urgence, ligne d’écoute et plateforme d’assistance (lien ci-contre).

L'ONU s'inquiète de l'impact de la COVID-19 sur la santé des femmes
47 millions de femmes dans le monde pourraient perdre l'accès à la contraception selon des données de l'agence des Nations Unies pour la santé sexuelle et reproductive. En cause les perturbations des chaînes d'approvisionnement au niveau mondial qui pourraient entraîner une pénurie des méthodes contraceptive mais également le nombre croissant de femmes qui n'ont plus accès aux services de planification familiale et qui sont confrontées à des grossesses non désirées.
L'UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la Population) s'alarme des répercussions désastreuses sur la santé des femmes alors que la pandémie de la COVID-19 continue de se propager. Selon les données de cette étude, l'UNFPA prévoit 7 millions de grossesses non désirées. L'étude précise que lorsque le confinement est prolongé de trois mois, ce sont jusqu'à 2 millions de femmes supplémentaires qui pourraient ne pas avoir accès à ces méthodes contraceptives.
"Ces nouvelles données montrent l'impact catastrophique que la Covid-19 pourrait bientôt avoir sur les femmes et les filles dans le monde entier. La pandémie accentue les inégalités et des millions de femmes et de filles supplémentaires risquent désormais de perdre la capacité de planifier leur famille et de protéger leur corps et leur santé" a déclaré la Dr Natalia Kanem, Directrice exécutive de l'UNFPA - Avril 2020

FEMMES & CONDUITES ADDICTIVES
GrossesseVapotage

Grossesse et vapotage
Selon les données de Santé Publique France, plus de la moitié (54,2%) des femmes qui fument ne réussissent pas à arrêter durant leur grossesse. Malgré ce constat, les professionnel·les de santé accompagnant les femmes enceintes restent peu nombreux·ses à envisager la vape comme un outil de prévention et de réduction des risques. L’association SOVAPE publie un dossier pour faire le point sur ce sujet. Intitulé « Grossesse et vapotage » l’analyse du document s’appuie sur les données et recherches existantes ainsi que l’avis d’expert.es pour enrichir cette base de connaissances. Il est tout particulièrement destiné aux femmes enceintes ainsi que leur entourage y compris le corps médical.

Pour consulter le dossier (juin 2020) : https://www.sovape.fr/wp-content/uploads/2020/06/PP3-2020-06-Grossesse-et-vapotage.pdf

Les effets durables de la consommation de tabac sur le placenta

Il a d'ores et déjà été prouvé que l'exposition au tabac pendant la grossesse entraînait des altérations de la méthylation de l'ADN (ajour au groupe méthyle [CH3]) dans le sang ombilical et les cellules placentaires. Grâce aux travaux d'une équipe de l'INSERM, du CNRS et de l'Université Grenoble Alpes, il est à présent prouvé qu'une exposition avant la grossesse peut également induire des modifications épigéniques au niveau du placenta d'anciennes fumeuses.
Malgré une prise de conscience croissante des risques associés au tabagisme pendant la grossesse et bien que l'arrêt du tabac soit reconnu comme l'une des mesures le splus efficaces pour améliorer la santé des mères et des enfants, 17% françaises continueraient de fumer durant leur grossesse.

Les chercheur·euse·s ont étudié l'ADN placentaire de 568 femmes enceintes réparties en 3 catégories : non-fumeuses (n'ayant pas fumé dans les 3 mois précédent la grossesse, ni pendant la grossesse), anciennes fumeuses (ayant arrêté leut consommation dans les 3 mois précédent la grossesse) ou fumeuses (consommation de tabac dans les 3 mois précédent la grossesse ou tout au long de la grossesse). 178 régions de cet ADN étaienbt méthylées, dont 152 uniquement présentes chez les fumeuses actives et 26 présentes chez les fumeuses actives mais perdurant chez les femmes ayant été exposées au tabac avant la grossesse.
Il se pourrait donc que ce soit ces altérations qui impactent sur les mécanismes impliqués dans le développement du fœtus et entraineraient des conséquences sur la santé de l'enfant. Les prochains travaux auront pour objectifs de le démontrer.

La persistance de modifications significatives de la méthylation de l'ADN dans le placenta d'anciennes fumeuses conforte l'hypothèse d'une "mémoire épigénique" d'exposition au tabagisme avant la grossesse. Ces résultats apportent des informations cruciales en termes de santé publique concernant les effets néfastes potentiels à long terme du tabagisme chez les femmes.

PERINATALITE & CONDUITES ADDICTIVES
AppliEnfVs

Parents de 0-6 ans : les leçons du confinement
Si le confinement a provoqué parfois des tensions dans les familles, il a surtout favorisé les rapprochements positifs. C’est ce qu’il ressort d’une enquête réalisée par Mpedia, le site grand public de l’AFPA, en partenariat avec la Fondation pour l’Enfance, auprès des parents de jeunes enfants de moins de 6 ans. Malgré le stress lié à la pandémie, au télétravail et /ou chômage forcé, 71 % des parents interrogés déclarent que le confinement a contribué à resserrer les liens avec leurs enfants. Et ce, en dépit de la promiscuité quotidienne et un recours souvent exagéré à la télévision, aux smartphones et autres « nounous numériques » de substitution : une famille sur deux indique avoir laissé son enfant seul devant un écran et 47 % ont regardé régulièrement les informations en présence de moins de 6 ans. Afin de favoriser les interactions parents-enfants et de sensibiliser les parents aux risques d’exposition des petits aux écrans, la Fondation pour l’Enfance et l'AFPA ont mis en place une campagne d’affichage représentant une situation de jeux parent-enfants et signée du slogan : « Interagir avec votre enfant l’aidera à développer son langage, son autonomie et à découvrir ses émotions ». Cette campagne fait l’objet d’une déclinaison digitale et social-média actuellement en ligne sur mpedia (https://www.mpedia.fr/ecrans-parents-enfants/), le site grand public de l’AFPA. Conseils, articles, quizz et témoignages sont mis en avant pour aider les parents au quotidien… sans complexe ni culpabilisation !

Pour lire le communiqué de presse :
https://www.mpedia.fr/content/uploads/2020/09/Juillet2020-CP-Ecransetconfinement.pdf

Evolution des consommations de substances psychoactives en période d'épidémie de la COVID-19
Pour documenter l'évolution des consommations de substances psychoactives et les conditions de travail en période d'épidémie de COVID-19, la MILDECA et ses partenaires - ANSES, Anact, INRS, OFDT, Santé Publique France et le COCT - ont commandité une enquête réalisée par Ipsos en septembre 2020 auprès d'environ 4 000 salariés et agents publics sur la période écoulée depuis le 1er confinement.
Cette enquête publiée par la MILDECA éclaire sur l'évolution des conditions de travail, des consommations de substances psychoactives (tabac, cigarette électronique, alcool, cannabis, médicaments psychotropes) des travailleur·euse·s et permet d'envisager les mesures à favoriser pout améliorer la prévention en période de crise épidémique.

Pour lire le communiqué de presse :
https://www.drogues.gouv.fr/sites/drogues.gouv.fr/files/atoms/files/cp_20201119_enquete-ipsos_covid_conditions_de_travail_et_consommations_de_substances_psychoactives.pdf

Travail, confinement et santé des français·es
Le travail confiné n'est pas sans conséquence sur les addictions et la santé des français·es.
L'enquête exclusive ODOXA pour GAE Conseil (cabinet spécisaliste de la prévention des conduites addictives en milieux professionnels) montre en effet que le confinement augmente fortement les pratiques addictives. Réalisée en ligne, l'étude "Confinement, télétravail et comportements addictifs : le point de vue des français" souligne le lien entre télétravail et augmentation des comportements addictifs. Les interviews ont été faites du 8 au 9 avril 2020 auprès d'un échantillon de 1003 français·es représentatifs de la population française âgée de 15 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, de secteurs d'activités, de nature d'employeur et de taille d'entreprises.

REVUE LITTERATURE…

Réponses rapides dans le cadre du COVID-19 Continuité du suivi des femmes enceintes lors de la levée du confinement HAS - avril 2020 Mis à jour le 23 juin 2020

COVID-19 : une enquête pour suivre l’évolution des comportements et de la santé mentale pendant l’épidémie https://www.santepubliquefrance.fr/etudes-et-enquetes/covid-19-une-enquete-pour-suivre-l-evolution-des-comportements-et-de-la-sante-mentale-pendant-l-epidemie Santé Publique - octobre 2020

AMELIORER VOS COMPETENCES

Formation "Périnatalité, parentalité et addictions" sur le territoire de Dunkerque
Poposée par l'ANPAA en Hauts-de-France, grâce au soutien financier de l'ARS, cette session de formation, proposée en collaboration avec le Groupe Pascal de Gravelines, a pour objectifs d'identifier les représentations et idées reçues associées à la consommation de substances psychoactives pendant la grossesse, de connaître les effets d'une consomamtion de substances psychoactives sur le déroulement de la grossesse et de l'enfant à naître, d'acquérir des repères pour aborder plus facilement la question des consommations à risque et accompagner les femmes enceintes et les jeunes parents.

Les 9 - 11 et 16 mars 2021 à Watten (Dunkerquois)

Pour plus d'informations : Anne-Luce Dubrulle, assistante prévention :
03 28 36 47 00 Ou anne-luce.dubrulle@anpaa.asso.fr

Grossesse et tabac, accompagner la femme enceinte
Dans le cadre du mois sans tabac, Hauts-de-France Addictions soutient les professionnel·le·s accompagnant des femmes enceintes afin de faciliter l'abord des consommations.
Des ressources sont disponibles :
https://www.youtube.com/watch?v=dMfwvO8G530&feature=youtu.be
Vous trouverez une vidéo de quelques minutes pour présenter les principaux risques liés à la consommation de tabac pendant la grossesse et l'intérêt d'un accompagnement de la femme enceinte fumeuse. 

AGENDA…

6ème enquête nationale périnatale
Toutes les maternités de France seront sollicitées  en mars 2021 pour le sixième volet de l'enquête nationale périnatale. L'enquête nationale périnatale (ENP) est menée à intervalles réguliers dans notre pays depuis 1995 dans les maternités, auprès des femmes dans les jours suivant l'accouchement. Les thématiques autour des conduites à risques, du bien-être et de la santé mentale, des violences faites aux femmes seront, entre autres, abordées.
La dernière édition a été réalisée en 2016.

Journée régionale d'échanges de pratiques "Périnatalité et Addictions"
Initialement prévue en mars 2020 sur Amiens, cette journée régionale d'échanges de pratiques organisée par l'ANPAA Hauts-de-France et Hauts-de-France Addictions, ainsi que de nombreux partenaires du champ de la périnatalité et de l'addictologie, sera proposée durant le 1er semestre 2021 sous un format digital.
Nous vous communiquerons prochainement les informations concernant les modalités d'organisation.

En 2021, l'ANPAA change d'identité
A partir de janvier, l'ANPAA devient Association Addictions France. Une nouvelle identitié pour cette nouvelle année.
Nos missions, notre équipe ne changent pas et nous seront ravi·es de continuer à collaborer avec vous dans tous vos projets. D'ici là, notre équipe vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année et vous donne rendez-vous en 2021 pour une année riche d'activités en prévention.

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